mardi 23 mai 2017

Samir Laïdi (Français et musulmans) : le candidat du communautarisme dans le 93

Candidat dans la 1er circonscription du 93 (Saint-Ouen, Epinay-sur-Seine, Saint-Denis sud, Ile Saint-Denis), Samir Laïdi représente le parti "Français et musulmans" qui espère séduire la "communauté" musulmane avec un discours purement communautariste. Décryptage d'Epinay Citoyen.

  • Un parti "musulman" meilleur allié de l'extrême droite

Cela fait depuis 2015 maintenant que le nouveau parti "Français et musulmans" s'est lancé dans les différents scrutins, en ayant réussi à l'époque à déposer une liste complète sur l'Ile de France. Malgré un résultat très bas (avant-avant derniers, 0,4%) ils ne perdent pas l'espoir de gagner des élus, notamment dans les banlieues populaires où ils pensent que les musulmans peuvent voter massivement pour eux. Ils lancent donc 5 candidats dans le 93 et 1 dans le 94.

Le programme de F&M est clairement communautariste. Parmi de nombreuses propositions "ni de gauche ni de droite", on trouve ainsi dans le chapitre "libertés publiques" comme priorité une abrogation de la circulaire Aliot Marie (qui lutte contre les appels à la haine antisémite déguisée en appels au "boycott" des produits importés d'Israël, et au sujet de laquelle peu de suites pénales sont de toute façon données) et un "rétablissement de la légalité du boycott" (donc 2 points identiques dans leurs 10 priorités, signe d'une vraie obsession). On note aussi une "réflexion" et une "réactualisation" de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et l'Etat, une "commission nationale sur l'interdiction du voie à l'école", un secrétariat d'Etat séparé pour gérer les cultes...


Pas beaucoup mieux dans le chapitre diplomatie : la priorité serait de reconnaître la Palestine, comme si la question était si simple et méritait de mettre de l'huile sur le feu. La volonté de "F&M" est clairement d'apporter un discours visant à diviser les Français, à focaliser les esprits sur la question de l'islam, à faire peur et radicaliser les esprits déjà angoissés par les risques de terrorisme et le discours ambiant.

Parmi les autres propositions défendues par F&M : le financement des religions par un impôt obligatoire "fléché en fonction de vos convictions" (ce qui laissera pensifs les athées par exemple), l'enseignement "du fait religieux, de la civilisation arabo-musulmane et de la langue arabe" dans le public... Une obsession pour la religion, donc, et un discours "anti discrimination" qui ne s'intéresse toujours qu'à une seule discrimination. Il faut lutter contre les discriminations à l'embauche contre les musulmans, et pas contre les femmes, les noirs, les asiatiques, les handicapés, comme si ce n'était pas un phenomène général, il faut lutter contre "l'islamophobie politique et d'état" comme si les autres formes de racisme n'avaient pas d'importance (sans compter que ce discours est aussi orienté contre toute critique ou dérision de type "Charlie Hebdo", on a vu les conséquences il y a 2 ans)...

Voilà pourquoi nous considérons ces candidats comme les meilleurs alliés de l'extrême droite. D'ailleurs les candidats F&M partagent avec l'extrême droite certaines propositions fortes comme interdire l'avortement de confort, sur la même ligne que le FN et Sens commun.

A remarquer également, tous les candidats présentés sont naturellement musulmans, car ce nouveau parti politique a un principe confessionnel dans son adhésion. Drôle de conception de la République que de vouloir mêler religion et politique, en se basant sur une attitude de discrimination !

  • Samir Laïdi, anti-Israël, pro-boycott, anti-Charlie, pro-Hamas et pro-Al Qaida
Le candidat qui se présente sur notre circonscription n'est pas inconnu, puisqu'il est conseiller municipal à Saint-Ouen, élu de la majorité (UDI) du maire Delannoy.  Né en 1986 il a également fondé son entreprise de coursier, à première vue comme un parfait symbole apparent de la France macronienne qui promeut les banlieues diverses, citoyennes et entreprenantes. Sa délégation aux finances de la ville donnée après l'élection en 2014 lui a cependant apparemment été retirée, suite à quelques révélations.

Car Samir Laïdi est avant tout un militant de la "cause islamique", déjà à l'UDFM (Union des démocrates musulmans français) dont "Français & Musulmans" est en quelque sorte une scission, ainsi que dans l'association "Abrogation des lois isamophobes" (ALI) à Saint-Ouen. Et aussi sur internet, sous le pseudonyme de "Sam Samirnof" (partiellement nettoyé depuis quelques temps par l'intéressé...). 

De nombreuses sources sur internet en témoignent, preuves à l'appui. Elles émanent elles-mêmes de sites parfois peu recommandables que nous ne citerons donc pas, mais les preuves sont là, comme la photo ci-dessous. Parmi les hauts faits de Samir Laïdi, on note :

- Insultes sur internet contre Charlie Hebdo après la tuerie en janvier 2015 (on se demande d'ailleurs comment ce monsieur a échappé à une condamnation pour apologie de crime terroriste)
- Soutien public au boycott d'Israël (pourtant réprimé par la circulaire Aliot Marie que F&M veut d'ailleurs prioritairement abroger, comme quoi ce n'est pas si liberticide...)
- Participation à des manifestations antisionistes et pro-boycott, auxquelles il a été vu et photographié tout sourire portant la bannière du Hamas et d'Al Qaida.

Le si sympathique et inoffensif Samir Laïdi...

  • Un protégé du maire de Saint-Ouen...

En définitive, un parti communautariste présente dans notre circonscription un candidat au bord de l'islamisme pur et simple, et de l'apologie de crime terroriste. Rien de plus normal penseront certains mais on aurait espéré qu'un jour les partis affirmant porter la voix de nos quartiers fassent autre chose que diviser, radicaliser et porter des messages de haine.

Enfin, rappelons au sujet de Laïdi et de son parcours politique que rien de tout cela n'aurait été possible sans le "sympathique" William Delannoy qui, à Saint-Ouen, comme Chevreau à Epinay, protège les mouvements communautaires et extrêmistes, les soutient pour acheter leurs voix, sans se préoccuper du fond de leur discours tellement nauséabond, ni des conséquences à long terme... Protégé de Delannoy, tout comme d'ailleurs Sébastien Ménard dont nous avons parlé (et dont le passé le rapproche de l'extrême droite), et qui compte parmi ses amis, le maire de Saint Ouen s'étant empressé de le féliciter pour son mariage...

Samir Laïdi est tout cela à la fois, représentant d'une pensée dangereuse et membre du système clientéliste et communautariste qui permet à la droite "sans étiquette" de se faire élire dans le 93 grâce à un pacte de non agression avec ce type de mouvement. Que ceux qui voteront en aient conscience.

21 candidats : record dans la 1ere circonscription

La liste était déjà longue mais elle s'est encore allongée avec les derniers dépôts de candidature. Après le retrait de Bruno Leroux c'est à croire que tout le monde pense avoir sa chance dans la première circonscription du 93...

De l'extrême gauche (et candidats "farfelus") à l'extrême droite (et aux autres partis antirépublicains) voilà les 22 qui ont fait "acte de candidature" :

Stéphane LOBBE (sans étiquette ?)
Willène PILATE (Parti animaliste)
Nadia BOUARISSA (Parti du vote blanc)
Jonathan WILSON (Parti ouvrier indépendant démocratique)
Anne-Laure CHAUDON (Lutte Ouvrière)
Elise LECOQ (NPA)
Frédéric DURAND (PC)
Eric COQUEREL (France insoumise)
Bocar NIANE (EELV)
Dina DEFFAIRI-SAISSAC (sans étiquette, ex-EELV)
Yannick TRIGANCE (PS, député sortant, ex-suppléant de Le Roux)
Rachid LOUNES (sans étiquette)
Mohamed BENTAHAR (sans étiquette, dissident REM)
Sébastien MENARD (REM, parachuté)
Mariz LECHESNE (dissidente UDI/Parti radical)
Eric ORPELIERE (dissident, ex-élu DVD à Épinay) candidature non déposée / non retenue
Marina VENTURINI (LR-UDI, élue municipale Saint-Ouen)
Lorenzo DE LA ROCHEFOUCAULD (DVD, LR dissident)
Kamel BESSAHA (UPR)
Patrick D’HONDT (sans étiquette, dissident UPR)
Gérard LEVENTAL (FN)
Samir LAIDI (Français et musulmans)


Source Le Parisien
Des changements peuvent encore survenir si des candidatures sont invalidées, la liste officielle sera publiée aujourd'hui par le ministère de l'intérieur et on la relayera.

mardi 16 mai 2017

Sébastien Ménard (suite): Fillon, FN, Fdesouche, les curieux centres d'intérêt du candidat En Marche

Le nouveau candidat parachuté par En Marche! sur la circonscription Épinay, Saint-Ouen, Ile Saint-Denis, Plaine Saint-Denis n'a visiblement pas que des amis... Un de ses amis Facebook nous signale un élément qui enrichit le profil que nous avons déjà dressé.

Ce sont les groupes qui attirent l'attention, deux en particulier sont politiques.

Capture d'écran (publiquement accessible) des groupes dont S. Ménard est membre

Le premier est "Levallois pour Fillon". Deux mots accolés qui à eux seuls en disent long sur l'identité politique profonde de ce candidat.

Le second est apparemment consacré à une organisation intitulée "Résistance Républicaine". Derrière ce titre, un groupe partageant depuis 2011 des dizaines de publications d'extrême droite, avec une obsession pour les thèmes relatifs à l'islam, au "racisme anti-blanc", au "grand remplacement"... Les sites d'origine, bien connus, sont ceux du Front national, fdesouche.com, dreuz.info...

Il est à ce stade impossible de savoir si Sébastien Ménard n'a fait que soutenir et diffuser ces publications, ou s'il y a participé, ce groupe étant animé par des faux-nez (c'est à dire des personnes disposant d'un compte personnel et en utilisant un autre pour des activités aux limites de la légalité, comme la propagation de messages racistes, discriminatoires etc).

  • L'avis d'Epinay Citoyen

Vous savez qu'Epinay Citoyen est animé selon le principe de la liberté d'expression. Sébastien Ménard pense ce qu'il veut, dit ce qu'il veut, en public comme en privé. Il se présente sous l'étiquette qu'il veut. Mais, franchement, qu'est-ce que quelqu'un affichant de telles positions fait comme candidat à Epinay, ville populaire, diverse, où l'enjeu est celui de l'intégration et de la lutte contre la discrimination ? N'avons nous pas voté contre ces fantasmes et ces préjugés le 7 mai dernier ?

Capture d'écran du groupe public "18 juin 2011"

Portrait de Sébastien Ménard (En Marche!) : le mépris de Macron pour les quartiers

Mais d'où donc débarque le candidat envoyé par En Marche, le parti du nouveau président Macron, dans la 1ère circonscription de Seine Saint Denis ? Son nom est inconnu au bataillon, personne, aucun acteur politique ou associatif ne le connaît que ce soit à Saint-Ouen, à Saint-Denis sud, à l'Ile Saint-Denis ou bien évidemment à Epinay-sur-Seine. !

Voici donc quelques infos pour s'y retrouver !

Celui qui se révait député du 93!!!

  • De la jeunesse dorée du 95 aux tâches ingrates des cabinets

Sébastien Ménard est né en 1978 et est issu de la bourgeoisie du 95, à Groslay plus exactement. Selon toutes les informations recueillies, c'est un élève très moyen qui passe quelques années sur les bancs de Paris 13 et Assas (maîtrise de communication à l'IFP), avant d'acquérir un diplôme (non reconnu par l'État) au Centre d'études diplomatiques et stratégiques, coûteuse école privée du 16e arrondissement recueillant nombre de jeunes bourgeois en perdition. Bac +4 acquis à 25 ans, donc, pour ce beau symbole de la jeunesse dorée du 95.

Fils de bonne famille proche de M. le Maire de Groslay, Sébastien Ménard est en revanche élu de sa municipalité de droite à partir de 2001, et prend ainsi sa carte à l'UMP où il s'illustre chez les jeunes sarkozystes. Il n'est pas réélu en 2008, cédant la place à un autre membre de sa famille (Céline Ménard). Ces proximités politiques lui permettent d'entrer au cabinet de Renaud Dutreil (2003-2005), puis de devenir assistant parlementaire de Roger Karoutchi, sénateur des Hauts-de-Seine, puis d'entrer au cabinet de ce dernier une fois nommé Secrétaire d'État aux relations avec le parlement dans le gouvernement Sarkozy/Fillon. L'élève médiocre se révèle un apprenti-apparatchik bien soutenu, il est le "Conseiller aux affaires réservées" de Roger Karoutchi : derrière se terme trompeur, principalement, la gestion du courrier...

Sébastien Ménard ne satisfait cependant pas ses supérieurs et ne fait pas long feu sous les ors de la République. Il quitte le cabinet Karoutchi en 2009 et travaille deux ans à la Chambre des métiers et de l'artisanat de Bobigny, toujours dans un poste "politique" et subalterne, dans le cabinet de son président, Patrick Toulmet (UDI).

  • Dirigeant d'entreprise en faillite

Depuis 2012, S. Ménard n'a apparemment plus trouvé d'élu pour lui faire confiance et perfectionner ses compétences en distribution de courrier. Il est ainsi devenu gérant (ou "directeur général" puisque M. Ménard semble aprécier les titres pompeux) de la société Mistral Productions, à Boulogne-Billancourt. Une société de productions surtout connue pour gérer les droits de l'émission Intervilles et de ses déclinaisons dans le reste du monde, mais qui est financièrement en perdition depuis deux ans. La société est ainsi en liquidation judiciaire, et Sébastien Ménard omet bien sûr de le signaler.

Sur le site encore existant de cette défunte société Sébastien Ménard se décrit comme "haut fonctionnaire en disponibilité". En plus d'être visiblement incompétent, c'est donc également un menteur. Est-ce pour cette raison qu'En Marche a pensé qu'il pouvait succéder à Bruno Le Roux ?


  • Professeur ? Mais bien sûr...

Des lecteurs nous ont interpellé sur le fait que Le Parisien décrive le candidat d'En Marche comme professeur d'université à Paris 8. Tel serait le statut actuel de M. Ménard. Vérifications faites, il n'a pas le statut d'enseignant-chercheur (professeur, maître de conférence, ATER, etc.). Il ne fait pas non plus partie de l'équipe pédagogique de l'UFR Culture et Communication de l'Université où il prétend enseigner. Son nom ne figure pas parmi les 30 membres.

Rappelons qu'un enseignant ou enseignant-chercheur en Université est recruté selon des procédures très exigeantes, sur concours. Ce qui est certain c'est que Sébastien Ménard n'a pas passé ou en tout cas obtenu ses concours. Encore une fois il prétend être ce qu'il n'est pas, un syndrome inquiétant pour un candidat à la députation!!!

On nous a indiqué suite à cela qu'il était possiblement "chargé de cours", c'est à dire un intervenant extérieur dans les enseignements. Encore une ligne du CV de Sébastien Ménard qui cache la vérité plus qu'elle ne la dévoile !

  • Ce qu'il faut retenir

Ce qu'il faut donc retenir sur Sébastien Ménard, après son parcours marqué par ses innombrables échecs c'est surtout :

- qu'il a toujours vécu du système politique UMP et des ses relations politico-familiales

- qu'il n'a jamais exercé un vrai métier, mais s'est vu donner successivement plusieurs postes subalternes dans des cabinets, où personne n'a jamais voulu le conserver

- a tenté une reconversion dans une société audiovisuelle qu'il a coulée

- son CV est grossièrement mensonger 

- il ne connaît pas du tout la circonscription, n'y a jamais vécu ou travaillé

  • Le mépris d'Emmanuel Macron pour les quartiers

Le futur président disait il y a quelques mois qu'il trouvait insupportable que quelqu'un avec les mêmes talents mais originaire des quartiers ne peut pas accéder à un même emploi.


Erreur Monsieur le Président ! Le plus insupportable est que nos quartiers ont de nombreux habitants qui sont éduqués, qualifiés, compétents, talentueux... Et que souvent les emplois vont à des gens moins qualifiés et incompétents, comme celui que vous envoyez pour faire campagne dans nos banlieues !

Combien de jeunes issus de Saint-Ouen, d'Épinay, des cités à Orgemont, à la Source, ailleurs, ont créé des entreprises qui marchent bien, ont fait des études, sont avocats, médecins ? Et vous nous envoyez le pire de la bourgeoisie du 95 ? Quel mépris !



PS. N'oubliez pas aussi de lire l'article suivant :

Sébastien Ménard (suite): Fillon, FN, Fdesouche, les curieux centres d'intérêt du candidat En Marche

Première circonscription de Seine-Saint-Denis : tous les candidats!

Élections législatives des 11 et 18 juin : les candidats sont connus dans la première circonscription du 93 !

Épinay Citoyen se réactive pour l'occasion et nous ferons au mieux pour vous donner toutes les informations officielles sur l'ensemble des candidats, avec des portraits-enquêtes détaillés.

De l'extrême gauche à l'extrême droite, cela nous donne :

- La France insoumise : Éric Coquerel (parachuté)
- PCF : Frédéric Durand (dissident)
- PS : Yannick Trigance (PS, sortant, ex-suppléant de Bruno Le Roux)
- En Marche : Sébastien Ménard (parachuté)
- LR-UDI : Marina Venturini (élue à Saint-Ouen)
- LR dissident : Lorenzo de la Rochefoucauld
- FN : Gérard Levantal
- Français et Musulmans : Samir Laïdi

La liste sera mise à jour si d'autres candidats rejoignent la bataille !


Vers la liste mise à jour des 22 candidats !

vendredi 21 mars 2014

Appel aux Spinassiens : mobilisons nous ! votons à Epinay sur Seine !


Qui que vous soyez, quel que soit votre quartier, votre culture, votre classe sociale, votre tendance politique, le collectif Épinay Citoyen appelle tous les Spinassiens et les Spinassiennes à se déplacer dimanche au bureau de vote pour vraiment décider de l'avenir de notre ville et donner à tous et à toutes l'avenir qu'ils méritent.

Il y a 4 candidats, 4 listes, 4 programmes. On ne peut pas dire qu'on n'aura pas eu le choix ou qu'il n'y a pas un des 4 qu'on préfère aux autres.

Donc soyons tous mobilisés pour donner notre avis et vraiment décider de l'avenir de notre ville Epinay sur Seine !



mercredi 19 mars 2014

Comparatif des programmes pour les municipales 2014 à Epinay sur Seine

Notre collectif est dernièrement entré en contact avec les 4 listes de candidats à Epinay sur Seine pour leur annoncer que nous allions publier un comparatif des programmes.

Nous avons demandé à chaque liste de donner deux propositions dans un certain nombre de domaines. Puis nous nous sommes réunis d'abord pour réaliser ce tableau, ensuite pour en débattre et évaluer ces programmes.

Nos discussions nous ont amené à ajouter des rubriques, à changer de rubrique certaines propositions des candidats, parfois à en ajouter quand nous avons jugé cela pertinent pour la comparaison (par exemple lorsqu'un candidat proposait une mesure et qu'un autre candidat ne nous l'avait pas transmis mais la met dans son programme ou quelque chose d'approchant ou même de contraire, nous avons pensé qu'il était intéressant de les mettre face à face).

Sur les 4 listes :
- la liste "Alternative sociale et solidaire" (Rigault) et la liste "Tous unis pour un nouvel Epinay (Trigance) nous ont répondu et transmis leurs propositions
- la liste "Les Spinassiens d'abord" (Ayyildiz) nous a cordialement répondu qu'il ne souhaitait pas transmettre de propositions et aimerait un débat organisé entre les 4 candidats, cela n'étant pas possible et pas dans nos projets nous avons donc sélectionné nous même les propositions en essayant de retenir les plus marquantes
- nous n'avons eu aucune réponse de la liste "Continuons ensemble" de Hervé Chevreau, nous avons donc là aussi opéré nous même la sélection

Les débats qui ont mené à l'évaluation ont été très houleuses. Les opinions retransmises ici n'ont donc pas toujours été données à l'unanimité, mais c'est plutôt la majorité ou parfois la pertinence d'un avis qui a compté. Les notes sont  la moyenne des notes données par environ 15 personnes à partir de ce tableau comparatif et des programmes publiés, arrondis au demi point supérieur.

Enfin nous vous rappelons les adresses des programmes sur internet pour accéder aux programmes originaux et vous faire votre avis vous même :

- Projet "Continuons ensemble" (Hervé Chevreau)
- Projet "Alternative sociale et solidaire" (Daniel Rigault)
- Projet "Tous unis pour un nouvel Epinay" (Yannick Trigance)
- Projet "Spinassiens d'abord" (Oben Ayyildiz)

Comparatif programmes

vendredi 7 mars 2014

La Playlist d'Epinay Citoyen

Comme promis voici la playlist concoctée par François d'Epinay ! Old school syle! Bon week end à tous !

mercredi 5 mars 2014

François d'Epinay parle

Beaucoup de questions affluent et beaucoup de personnes à Epinay dans les milieux plus ou moins informés s'interrogent. Pour essayer de satisfaire la curiosité et expliquer la démarche d'Epinay Citoyen, François d'Epinay, co-fondateur du collectif, a confié une interview à une jeune journaliste membre du collectif - N. M. - et en voici le compte rendu.

François, qui es-tu, qui compose Epinay Citoyen, et pourquoi l'anonymat ?

Oui Epinay Citoyen, c'est un collectif qu'on a fait pour révéler les choses, comment ça se passe dans la vie quotidienne. Donc on a pris des surnoms, François d'Epinay c'est pas mon vrai nom, c'est pour préserver l'anonymat. C'est aussi parce qu'on est proches d'aucun parti, on est pas proche des candidats au municipales, on est là pour prendre position en tant que citoyen et en toute indépendance, et en évitant toute récupération.

Pourquoi avoir créé Epinay Citoyen ?

On a lancé Epinay Citoyen parce qu'on a constaté qu'il y avait beaucoup de problèmes dans la ville, et on a remarqué aussi qu'on avait des proches qui avaient des problèmes de logement, qui arrivaient pas à trouver d'emploi...

Moi mes parents ils sont aussi à Epinay,  ma mère a des amies qui se sont déjà fait attaquer, voler leur sac... Il faut dire ce qui est, à Epinay de la délinquance il y en a toujours eu, mais il y en a pas toujours eu autant qu'aujourd'hui, et surtout les gens d'Epinay, les gens qui vivent dans les quartiers, aujourd'hui c'est les premières victimes de la délinquance, et ça a pas toujours été le cas, et ça a pas toujours été aussi grave.
"On voulait qu'il y ait 
des choses qui se sachent"

Donc à la base on a juste créé le blog parce qu'on voulait qu'il y ait des choses qui se sachent et parce qu'on voyait qu'il y avait des choses qui allaient pas bien dans la ville et on voulait le dire. On voulait aussi mettre la pression un peu sur les candidats. Droite, gauche, ou ailleurs, c'était pas notre problème, on voulait vraiment faire connaître les choses.

Qui sont les membres du collectif ?

On est nombreux, de plus en plus nombreux en fait. Au début on était quelques uns, ensemble on s'était dit qu'on allait faire ça. Après il y a de plus en plus de gens déjà autour de nous qui ont trouvé que c'était une bonne idée, qui ont voulu participer. Il y a aussi des gens qui ont fait des articles sur le blog par exemple, des gens qui participent par leur compétences.

Après il y a beaucoup de gens aussi qui nous ont contacté en nous disant que notre démarche ils trouvaient ça bien, ils voulaient témoigner... Franchement on imaginait pas avoir un tel succès au départ, le succès a dépassé nos espérances.

Après sur la composition du groupe, de toute façon du groupe, de toute façon on garde confidentiel ce que les gens font, après c'est des étudiants, des gens qui travaillent, des jeunes, des moins jeunes...

Pourquoi le nom "Epinay Citoyen" ?

Epinay Citoyen parce qu'à la base, je dirais que c'est une initiative qui est vraiment citoyenne. On a pas dit "on va faire de la politique", on a dit on est "on va parler" parce qu'on est des citoyens, à Epinay on est en France, on est dans la République française. Donc c'est la démocratie, et c'est les citoyens qui ont le pouvoir. Donc pour avoir le pouvoir il faut commencer par parler, dire ce qui est, comment on vit, les problèmes qu'on rencontre.
"Pour avoir le pouvoir 
il faut commencer par parler"

À partir de là par exemple, il y en a un d'entre nous qui a eu l'idée de faire des cahiers de doléances comme à l'époque de la Révolution française, et nous c'est ça un peu la logique, c'est de savoir quels sont les problèmes des gens pour savoir après comment mettre la pression pour que ça change, et pour que ça change vraiment, pour que ça change pour longtemps, pour que ça change en profondeur, et pour que ça change pour la vraie vie des gens comme nous.

Quels sont vos rapports avec les partis politiques ?

Ça je peux pas forcément répondre pour toutes les personnes du collectif, parce que après c'est quelque chose qui regarde chacun en son âme et conscience. Mais les gens qui ont créé Epinay Citoyen, tous les gens qui sont proches de nous, c'est des gens qui sont pas dans les partis, qui souvent ne connaissent pas bien même la politique, leurs droits, la façon dont les choses fonctionnent vraiment. Il y a beaucoup de gens dans Epinay Citoyen et autour de nous qui ont jamais voté, ou pas beaucoup, et l'idée c'est de se mobiliser et d'apprendre à connaitre le système, aussi pour le changer.

Et à ce sujet aussi, je voulais ajouter qu'on a même pas envie d'aller, moi ou quelqu'un d'autre du groupe, sur les listes de tel ou tel candidat. Moi personnellement j'ai ma vie, j'ai mon travail, on est tous pareil, on a nos vies et on est là pour que ça change à Epinay, on est pas la pour avoir un emploi ou quoi que ce soit. On est là pour dire des choses, pour faire un certaine démarche, donc on va continuer ce travail, mais on s'impliquera pas avec tel ou tel candidat.
"Tout ce qu'on veut
c'est être entendus"

Eux ils aimeraient bien savoir qui on est, ce qu'on veut. Il y en a même qui disent que c'est eux, mais ça nous fait plutôt rire... Nous tout ce qu'on veut c'est être entendus, qu'il fassent leur travail au service des gens et pas comme aujourd'hui profiter et laisser les autres dans les problèmes.

Quelle est ton opinion sur Epinay aujourd'hui ?

Bah la situation à Epinay elle est catastrophique ! Moi j'ai toujours vécu à Epinay, beaucoup de gens dans Epinay Citoyen vivent depuis longtemps voir depuis toujours à Epinay, et la situation elle a jamais été aussi grave que maintenant. Sur le logement, les conditions de logement, l'état des bâtiments, les risques...


Genre les problèmes d'incendie. Aujourd'hui il y a des gens ils ont eu 2 ou 3 problèmes d'incendie dans leur immeuble, franchement il partent au travail le matin, c'est une vraie peur pour eux de revenir le soir et de retrouver leur logement réduit à néant.

Après il y a les problèmes d'insécurité, comme je disais même nos proches connaissent l'insécurité au quotidien. Il y a des problèmes partout, des problèmes sociaux, il y a trop de gens qui sont au chômage, trop de gens qui connaissent pas leurs droits... Il y a des problèmes d'éducation, trop d'enfants qui sont dans des écoles qui ont pas le niveau...

Notre message c'était de dire que la banlieue fait partie de la République parce que aujourd'hui on fait comme si en banlieue fallait se contenter d'avoir les miettes de la République. Et on est pas là pour soutenir une mairie où eux mêmes ils sont d'accord avec ça, et d'ailleurs ils partent vivre dans des endroits où c'est la belle vie.

On aborde un point sensible : le maire a menacé le collectif par avocat interposé. Comment ça s'est passé ?

Donc nous d'abord sur cette histoire on a été très surpris d'avoir une telle attaque. Parce qu'il faut dire ce qui est, on fait un blog et on nous envoie l'avocat de Sarkozy, c'est pas juste pour rire, c'est une vraie menace.

Maintenant on fait attention sur le contenu, qu'il y ait pas des choses qui soient de la diffamation ou ce genre de chose, mais on a pas retiré les témoignages et on retirera pas de témoignages. On a des gens qui nous ont parlé, on a des dizaines de personnes qui disent certaines choses, et alors nous  comme on a dit dès le départ, on dit les problèmes tels qu'on les ressent à Epinay, tels qu'on les voit. Après si ça dérange le maire, je dirais c'est son problème, c'est une enquête. Si ça le dérange que des gens fassent des enquêtes et trouvent des choses pas claires, c'est que c'est lui qui a des choses pas claires à cacher.
"On est l'ennemi numéro 1 
d'Hervé Chevreau"

Depuis cette époque là on a compris qu'on est l'ennemi numéro 1 d'Hervé Chevreau, le maire d'Epinay aujourd'hui. Nous on continue notre travail et on a aucun problème si ça lui plait pas ce qu'on écrit sur lui, parce que nous on sait qu'on dit la vérité.

Comment procédez vous pour dénoncer certains agissements ?

Nous, on a décidé à la base aussi de faire des enquêtes. C'est pour ça qu'on a dénoncé certaines choses pas claires. On essaie de partir des faits et seulement des faits. Il y a une chose qui est très simple : il y a beaucoup de gens qui se font des idées sur ce qu'on leur cache, sur des choses qui seraient faites dans leur dos. Mais quand on écoute les politiques, quand on regarde de près ce qu'ils disent, quand on regarde comment ça se passe au quotidien, on voit très bien ce que les gens font et leurs projets.

Donc nous on a mené nos enquêtes. On a vu par exemple avec certaines documentations du conseil municipal qu'on a réussi à dénoncer des choses pas très claires... A partir de là, quand on veut, on peut trouver des preuves. Et si c'est pas clair, c'est facile en tout cas de trouver des preuves. Nous on l'a bien vu, et à partir de là sur Epinay Citoyen, on a trouvé que c'est notre rôle de dire que si il y a des agissements qui sont pas corrects et pas en accord avec les lois, c'était notre devoir de le révéler.

"On est les sentinelles
de la République
à Epinay"

Nous on a dit au départ qu'on était là pour défendre la République, alors on a fait un travail de sentinelles. On est les sentinelles de la République à Epinay. C'est pour ça qu'on a dit : Epinay Citoyen c'est l'observatoire de la citoyenneté, la laïcité, l'égalité, la liberté, et toutes les lois de la République à Epinay.

Comment tu vois Epinay dans 10 ans ?

Aujourd'hui c'est très simple, soit on continue comme ça fonctionne aujourd'hui avec le maire actuel, Chevreau, soit on dit stop, on en a marre, on arrête, et on espère qu'il y a quelque chose d'autre qui est possible à Epinay.

Si on continue avec le maire actuel, c'est clair, c'est toujours les mêmes problèmes, c'est lui et ses amis et sa famille, tous ses proches qui profitent, ils ont des bons salaires, ils s'augmentent quand ils veulent, ils vivent où ils veulent. Et les autres ils galèrent, il y a pas d'emplois, il y a des appartements pourris, il reconstruit deux-trois immeubles il fait comme si il avait changé la ville. Les gens ils ont les mêmes problèmes, derrière il y a tous les autres logements qui restent comme ça à l'abandon complet, avec la délinquance qui est toujours là, qui est de pire en pire.
"A Epinay on pourrait
faire beaucoup mieux"

Franchement, aujourd'hui à Epinay on pourrait faire beaucoup mieux que ce que fait le maire actuel. Epinay c'est une très grande ville. C'est plus grand que bien des villes en Ile de France ou en France, et il y a des villes qui ont changé. Il faut se dire qu'à Epinay il y a 55 000 habitants, c'est plus grand par exemple que Neuilly, que Evry, la ville de Valls, que Valenciennes, la ville de Boorloo. Et c'est des villes où on sait que ça a changé et c'est mieux qu'il y a 10 ou 20 ans. A Epinay c'est pire aujourd'hui qu'il y a 10 ou 20 ans. Donc à un moment, on peut pas dire que le maire il y est pour rien. Si aujourd'hui c'est pire qu'avant ça veut dire qu'il faut changer.

Maintenant je dis pas qu'Epinay dans 10 ans ça peut devenir Miami ! (rires) Mais au moins ça peut devenir un peu plus comme des villes qui se portent bien, dans le 92 ou ailleurs. Même Genevilliers juste à côté... Là où en fait les Spinassiens quand ils ont les moyens ils vont déménager. Demain ça pourrait être que quand on a un peu d'argent on reste à Epinay parce qu'on se dit qu'on vit pas si mal. Ou même que les gens qui vivent ailleurs où il y a plus de problèmes ils se disent : "peut-être je vais aller vivre à Epinay, parce que c'est tranquille, les gens là-bas ils ont des droits et des bonnes structures".

C'est quoi ton message pour les élections ?

Aujourd'hui il y a deux choix. Soit on va voter, soit on va pas voter. Si on va pas voter c'est qu'on se dit que les choses, que ça change ou que ça change pas, on en a rien à faire. Si on va voter, soit pour continuer avec l'actuel maire soit pour changer de maire, c'est qu'on se dit qu'on va participer.

Après ça suffit pas. Moi je dis à tout le monde, il va falloir continuer les actions, à mettre la pression, à même faire plus, on verra comment on fait. Mais aujourd'hui il y a tellement de problèmes sur la ville que si on va pas voter, c'est soit qu'on vit pas les problèmes, qu'on vit ailleurs qu'à Epinay ou dans des quartiers qui ont pas de problèmes, soit peut-être qu'on en a rien à faire des problèmes des autres. Ça c'est encore autre chose et il faut faire avec.

Maintenant je voudrais dire à tous ceux qui disent qu'ils sont contre le système et qui disent qu'ils vont pas aller voter, que ça veut rien dire. Parce qu'aujourd'hui on sait que les choses vont pas bien à Epinay, qu'il y a des problèmes lourds, et que le premier moyen de changer ça c'est d'aller voter pour que les choses changent vraiment. Même si ce sera pas la Révolution, au moins c'est déjà un début. Dire qu'on va pas aller voter mais qu'on veut la Révolution, c'est vivre dans un rêve, et on sait très bien qu'à la fin c'est toujours les mêmes qui en profitent.

Donc moi je dis à tout le monde, là les municipales c'est le 23 mars et le 30 mars, et allez tous voter, quel que soit même ce que vous allez voter, allez y en vous disant que c'est le problème pour vraiment agir dans votre ville. Epinay fait partie de la République et tous les habitants d'Epinay ont le droit d'agir sur leur propre vie, leur propre ville et sur leur quotidien. Il faut arrêter avec : "on est dans une ville et c'est les autres qui décident à notre place".
"Tous les habitants d'Epinay
ont le droit d'agir
sur leur propre vie"

Maintenant il faut que les quartiers, que les gens dans les quartiers, ils décident pour eux mêmes, pour leur propre vie et pour leur propre ville. Et ça c'est le message de  base, le message central d'Epinay Citoyen. Et c'est là dessus qu'on va continuer à travailler jusqu'aux élections et même après les élections et pendant toutes les années qui vont arriver.

Dernière question, les gens qui te connaissent savent que tu as une grande culture hip hop... Ce serait quoi pour toi la playliste d'Epinay Citoyen?

Ce serait surtout du son à l'ancienne, à l'époque où les rappeurs transmettaient un vrai message, quand ils avaient des références et des chansons qui s'engageaient... Mais pas de problème on prépare çà ! (rires)

La playlist d'Epinay Citoyen en ligne demain !


samedi 15 février 2014

Sondage sur les municipales à Epinay

Ces dernières semaines, Epinay Citoyen a organisé un sondage sur les élections municipales 2014 avec un groupe d'étudiants en statistiques qui participent au collectif que nous sommes. À partir des données démographiques d'Epinay sur Seine (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, niveau d'éducation) ils ont ainsi établi un sondage aussi fiable que possible pour l'élection de mars 2014.

L'enquête a été faite par téléphone entre le 10 et le 13 février 2014 auprès de 283 personnes résidant et votant à Epinay sur Seine et qui ont accepté de répondre à nos questions. La marge d'erreur estimée par nos statisticiens varie entre environ 1,8% (pourcentage de 5% ou 95%) et 2,9 % (pourcentage de 50%) pour la question 1 jusqu'à 2,4 et 3,3 pour les questions 2 et 3.

Ce sondage va permettre à chacun de suivre de plus près cette campagne en tout indépendance des sondages qui sont faits sur les commandes de tel ou tel candidat!

Indice de participation

Question 1 : comptez-vous participer au premier tour de l'élection municipale le 23 mars prochain ?



Commentaire : le taux d'abstention (si l'élection avait lieu à l'heure actuelle) serait à peu près intermédiaire entre l'abstention très élevée de 2001 et celle très faible de 2008. Ce chiffre cache d'importantes disparités, entre les sexes (abstention de 55,4% pour les hommes contre 43,2% pour les femmes), entre les âges (de 62% d'abstention chez les 18-29 ans à seulement 38% pour les 60 ans et plus) ou encore entre les sympathies politiques.
L'électorat de droite étant plus mobilisé à 64%, avec des différences record de participation selon les proximités de partis, par exemple à gauche 54% de participation pour l'électorat proche du Front de gauche alors que l'électorat proche d'Europe Ecologie Les Verts ne se mobiliserait qu'à 31%.

Intention de vote au 1er tour

Question 2 : Si l'élection avait lieu demain, pour quel candidat candidat voteriez vous entre (par ordre alphabétique) Oben Ayildiz (DVD), Hervé Chevreau (UMP-UDI), Daniel Rigault (PC-FDG) et Yannick Trigance (PS-EELV-DVG), ou encore blanc/nul ?



Commentaire : ces chiffres se basent sur les personnes de notre échantillon qui ont indiqué qu'ils pensaient participé au vote, d'où une marge d'erreur un peu plus importante (voire introduction).
À noter également que sur l'ensemble des personnes interrogées, plus de 15% des personnes ont indiquée ne pas savoir pour qui voter (à rajouter à l'incertitude des personnes qui ont une idée de leur choix mais qui peuvent encore changer d'avis).


Intention de vote au 2e tour

Question 3 : Dans le cas où il y aurait un deuxième tour et qu'il avait lieu demain et qu'il opposait Hervé Chevreau et Yannick Trigance, quel serait votre vote (ou encore blanc/nul) ?



Commentaire : Si l'élection avait lieu demain, Yannick Trigance serait donc élu maire d'Epinay sur Seine. Les voix de gauche cumulée au 1er tour représentent 50,7% des votes exprimés, le candidat socialiste améliorerait donc ce total au 2e tour. Cela serait un cas assez classique notamment par le jeu des reports de voix et par le décalage de participation. Ainsi des personnes qui hésitent encore sur leur vote au premier tour connaissent par contre leur choix au 2e tour (seules 9% de personnes restent incertaines au lieu de 15% au premier tour).

mardi 28 janvier 2014

Les juteuses affaires immobilières des élus d'Epinay


Malgré le manque d'informations sur la ville et ce qui s'y passe, on trouve quand même quelques pistes intéressantes qui permettent de mener nos petites enquêtes.

Il suffit en effet pour une personne déterminée de partir éplucher les conseills municipaux qui sont disponibles sur le site de la mairie. Malheureusement il y a seulement les conseils depuis 2008, mais c'est déjà suffisant pour trouver des choses étonnantes, surtout sur des transactions immobilières.

Le prix d'un terrain divisé par 8 pour un adjoint du maire

Voilà d'abord ce qu'on trouve quelques mois avant l'élection municipale de 2008, le 24 janvier 2008. Peut-être qu'à l'époque le maire et ses amis se disaient qu'il fallait profiter tant qu'ils y étaient, peut-être ce n'était pas la première transaction de ce type non plus, en tout cas voilà ce qui a été décidé à l'époque :



Donc pour "traduire" cette procédure dans un langage plus compréhensible, la mairie a déclassé un terrain municipal et l'a vendu à Mr et Mme Konieczny... pour 14.280 € !!! Soit 105 € du mètre carré, le tout dans les quartiers les plus chers d’Épinay. Et rappelons-nous qu'en janvier 2008 c'était avant la crise, donc avec les prix de l'immobilier qui battaient des records historiques.....

Pourtant les prix au mètre carré n'ont rien à voir à cela : le baromètre du prix moyen dans le 93 affiche 759€ actuellement (alors que la crise est passée par là), et rappelons que c'est un quartier cossu, bien au-dessus des moyennes... C'est donc un prix au moins 7 ou 8 fois inférieur à la normal qui a été payé.

CE TERRAIN A DONC ETE ACHETE 14.280€ AU LIEU DE 100.000€ AU MOINS!!!

Or qui est Mr Konieczny ? Tout simplement le 1er adjoint d'Epinay-sur-Seine depuis 2001 ! Ami personnel du maire depuis qu'ils font de la politique ensemble (il était son suppléant quand il se présentait aux élections pour le parti de De Villiers dans les années 90).

Encore plus, on voit sur le satellite que le domicile de Mr Konieczny mentionné est juste contre ce terrain acquis en 2008, ce qui lui a permis de gagner beaucoup plus de valeur que simplement le montant payé!!

Extrait du cadastre montrant la réunion de la parcelle originale (63) de Mr Konieczny avec la parcelle achetée à la mairie (224). Une affaire en or !

Il serait aussi intéressant de savoir comment la mairie s'est retrouvée avec ce terrain à vendre, comme par hasard au fond du jardin du 1er adjoint de la ville. Et à quel prix au départ il avait été acquit...

En tout cas ça aurait dû au minimum faire l'objet d'une transaction négociée par un intermédiaire indépendant. Mais pas à Epinay-sur-Seine....

Un pavillon à moitié prix...

Ce n'est pas tout, car en regardant plus loin dans les affaires du même genre, on voit encore un dossier immobilier qui retient notre attention à la date 25 novembre 2010. Peut-être le sentiment d'impunité était devenu irrésistible ?



On voit bien encore une fois un problème. Tout le monde peut constater qu'à l'adresse mentionnée se trouve un joli pavillon spacieux et récemment rénové (avant ou après la transaction ? c'est une bonne question...), d'une centaine de mètres carrés. Un type de bien très recherché selon les experts immobiliers que nous avons contactés. Pour un bien de ce genre, les prix actuels sont d'environ 350.000€ actuellement, comme on peut le vérifier sur les sites de vente d'immobilier en ligne. Avant la baisse récente ils étaient de plus de 400.000 euro et encore autour de 400.000 euros en 2010 (dixit plusieurs agents immobiliers d'Epinay).

CE PAVILLON A DONC ETE ACHETE 190.000 € AU LIEU DE 400.000€ ENVIRON!!!

Donc en achetant ce bien, la personne concernée a encore une fois fait une belle affaire en payant moins de la moitié du prix normal ! Et qui est cet acheteur mystérieux ? On vous laisse vérifier : on avait déjà parlé de cet autre adjointe, fidèle du maire et qui bénéficie à plein régime de son système.

Des procédures non respectées

Il y a des procédures pour les transactions immobilières entre une commune et des particuliers. Quand les montants sont importants, quand on a un doute sur la valeur d'un bien, ou encore quand il y a un risque de conflits d'intérêt, les villes se tournent en général vers une solution négociée via un intermédiaire, un mandataire immobilier qui garantit un peu la transparence et permet d'éviter les abus (ou au moins d'éviter qu'ils soient aussi graves).

Ces procédures n'ont pas été respectées, et dans cette situation le conflit d'intérêt nous apparaît comme assez sûr.

Pendant qu'on trime ils profitent

Il faut bien comprendre que dans cette affaire des élus de la mairie se sont offerts des logements très confortables à des prix absolument incroyables en région parisienne. Le tout sur le dos de la ville, donc de nous, SPinassiens, contribuables, qui travaillons, qui avons des problèmes quotidiens et qui contribuent au budget de la mairie par nos impôts !

Ils profitent et s'enrichissent avec notre argent, pendant que le maire s'augmente généreusement ! Qui peut trouver ça normal ?

Enfin pour conclure, ces informations nous paraissent suffisamment scandaleuses et s'apparentent à un grave conflit d'intérêts, voire à une affaire de corruption à l'échelle d'Epinay-sur-Seine (ceci n'est qu'une supposition, un soupçon, et en rien une affirmation).

Il faut que les Spinassiens le sachent et se bougent!!! Prenons les choses en mains!!!

lundi 20 janvier 2014

Quels engagements des candidats par rapport à leurs indemnités?

Aujourd'hui il y a 2 candidats déclarés pour la mairie d'Épinay : Hervé Chevreau (maire sortant, droite) et Yannick Trigance ("gauche unie") même si d'autres se préparent à peut-être se présenter aussi.

On peut se poser des questions : Combien gagnent-ils grâce à leurs indemnités ? Combien nos votes leurs rapportent-ils et pour quels résultats ?

Pendant la crise Chevreau s'est augmenté de 107%

Dans la foulée de sa réélection en 2008 le maire actuel avait très généreusement augmenté son salaire (on parle pour un élu d'indemnité):

  • le 25 mars 2008 d'abord une première fois le maire est passé de 90% de l'indice des maires (dit indice 1015, article L2123-23 du code des collectivités territoriales) à 110%, en profitant du passage de la ville au dessus de la barre de 50 000 habitants. On comprend mieux pourquoi on voit partout des panneaux qui montrent le maire se réjouir de l'arrivée de nouveaux habitants !!!! 
  • le 17 décembre 2009 il a profité d'une mesure permettant aux maires des zones sensibles de passer à l'échelon supérieur (R2123-23), et a donc fait voter par le conseil municipal une augmentation à 145% qui correspond à l'indemnité du maire d'une ville de 100 000 habitants
  • en plus de cela le maire s'offre une majoration de 15% sur ces indemnités, à chaque fois revotée par son conseil municipal, il la reverse aux conseillers municipaux (qui n'ont pas d'indemnité d'habitude) mais ça reste un coût important.
  • l'équipe du maire (adjoints et conseillers municipaux délégués) ont aussi "droit" à des augmentations.
  • Chevreau a été élu conseiller général aux cantonales de 2011, ce qui lui rajoute une indemnité mensuelle de 2661€ par mois (et il n'a pas baissé son indemnité municipale pour autant...)

Donc pendant son dernier mandat l'indemnité d'élu de Chevreau est passée d'environ 3780€ par mois avant 2008 à un total de 7800€ par mois soit +107% !!! Rappelons qu'en plus, les indemnités des élus ne sont pas soumises à l'impôt sur le revenu et ont un régime fiscal spécial.

Et comme les adjoints et conseillers municipaux eux aussi ont eu droit à des augmentations le coût total des indemnités des élus de la mairie a plus que doublé en passant de moins de 12000€ avant 2008 à 26522€ par mois !!! Les adjoints touchent 1479 €/ mois, les conseillers municipaux délégués 226,95 €/ mois et les conseillers municipaux 89 €/mois.

Et même si ces augmentations sont légales il faut retenir 2 choses :
- Hervé Chevreau s'est généreusement augmenté en 2008-2009 au plus fort de la crise quand des milliers de personnes à Epinay étaient dans la difficultés et perdait leur emploi !
- son indemnité est payée avec l'argent de la ville, donc l'argent des Spinassiens et l'argent qui va dans sa poche ne va pas dans des projets pour la ville ou dans l'aide pour les gens !


Il faut des engagements clairs

Nous demandons donc solennellement aux candidats déclarés et éventuellement aux autres :

- à combien ils ont l'intention de fixer leur indemnité et celle de leur équipe après l'élection : dire "nous ne nous augmenteront pas" ne peut pas suffire (de toute façon ce n'est pas légal...) car cet argent est celui des Spinassiens avant tout et la mairie doit donner l'exemple et se serrer la ceinture comme tout le monde
- que vont-ils faire par rapport au cumul des mandats et s'ils gardent leurs autres fonctions (conseiller général, conseiller régional) vont-ils réduire leurs indemnités d'autant qu'ils gagnent d'argent à côté ?

Rappelons que le principe de base est dicté par l'article L2123-17 du Code des collecitvités territoriales :

Les fonctions de maire, d'adjoint et de conseiller municipal sont gratuites.

Il serait bon de le rappeler aux premiers concernés !


mercredi 8 janvier 2014

Le jour où Chevreau a envoyé l'avocat de Sarkozy pour faire taire Epinay Citoyen

Suite à la publication de cet article sur Épinay Citoyen on a reçu quelques jours après ce courrier sur l'adresse e-mail du blog :


Hervé Chevreau est-il raciste ? Ce n'est pas à nous de le dire !

Notre premier réflexe a été de faire quelques modifications sur l'article pour retirer toute référence à la question du racisme. Après tout les témoignages parlent d'eux même sur sa conception de l'être humain, et nous ne sommes pas juges et pas qualifiés pour affirmer que Hervé Chevreau est ou n'est pas raciste. D'ailleurs, à Epinay Citoyen, nous affirmons bien haut et fort ne pas dire qu'il le serait et laisser chacun se faire sa propre opinion. Merci donc de ne pas nous accuser de diffamation car nous ne diffamons personne ici, c'est promis.

Par contre il était hors de question de supprimer le contenu des témoignages puisqu'ils sont de source sûre et que nous avons d'ailleurs beaucoup plus de témoignages que ceux publiés, et beaucoup de témoins qui accepteraient bien sûr de témoigner même devant un tribunal... A partir de ces témoignages, chacun pourra considérer comme il veut les propos de Monsieur Chevreau. Ce n'est pas notre problème.

A ce sujet nous avons heureusement aussi au sein de notre collectif des gens qui connaissent le droit et savent donc très bien gérer ce genre de situation. Si c'est une intimidation que cherchait le maire en tout cas, qu'il sache qu'il est loin d'intimider qui que ce soit chez nous. Mais évidemment on n'accuse personne, on fait juste une hypothèse qui nous est passée par la tête, mais c'est peut être farfelu.

De plus, nous avons aussi notre sens des responsablités : ce sont des amis, et même des gens qui ont envoyé leur témoignage par email ou sur facebook et nous savons qu'ils s'inquiéteraient si c'était connu de certains responsables politiques... Donc on préfère aussi éviter tout ce qui pourrait causer à ces témoins des problèmes.

Donc une chose est sûre : Epinay Citoyen protège ses sources et continuera à les protéger !

Les belles relations de Hervé Chevreau

Après forcément nous aussi nous avons notre curiosité, et on s'est intéressés à ce personnage de Philippe Blanchetier, avocat parisien qui nous a expédié cette correspondance.

Voilà une liste non exhaustif des clients de Philippe Blanchetier jusqu'à aujourdhui :
- Nicolas Sarkozy (procès contre le journal Le Matin, affaire des comptes de campagne 2012)
- UMP (affaire du lipdub et comptes de campagne 2012)
- Brice Hortefeux (affaire de la "blague raciste" des auvergnats)
- Henri Guaino (diffamation contre DSK)
- David Douillet (attaque contre Eva Joly)
- Eric Raoult (maire du Raincy)
- Christian Estrosi (affaire emprunts toxiques de Nice)
- Jacques Chirac (affaire des emplois fictifs)

Après s'être offert un loft à Enghien avec vue sur le lac et le casino, Chevreau choisit donc l'avocat de la "crème" des hommes politiques de la droite "décomplexée" ! Et il ne manquerait plus que de découvrir que c'est avec l'argent du contribuable que les honoraires de cet avocat sont rémunérés... Mais nous n'affirmons rien bien sûr, nous posons juste des questions...

Enfin,en y réfléchissant, vu les affaires dans les situations cités ci dessus et le verdict donné par les juges on peut se poser des questions... Bien sûr, on peut affirmer qu'il n'y a jamais eu d'emplois fictifs à la mairie de Paris sous Chirac, et que les comptes de campagne de Sarkozy n'ont pas été trafiqués, par exemple. Mais on est quand même tenté de ce dire que cet avocat est spécialisé dans les cas désespérés. En allant frapper à sa porte c'est presque comme si Chevreau voulait faire un aveu...

En tout cas on sent bien qu'un homme comme Hervé Chevreau doit être fier d'avoir le même avocat que des gens aussi irréprochables !



dimanche 5 janvier 2014

Épinay tranxène : mairie à vendre (janvier 2014)


Et bien sûr nous vous souhaitons une superbe année 2014 ! Qu'elle apporte beaucoup de bonheur et de prospérité à tous les habitants d'Epinay !

mardi 17 décembre 2013

L'Ilo du docteur Chevreau

Cette tribune est une contribution excellente d'un sympathisant d'Epinay Citoyen, Jean F., dont la connaissance des mécanismes et des pièges de la grande distribution et la grande expérience de militant associatif lui ont donné un regard pointu sur le nouveau centre commercial l'Ilo réalisé à Epinay-sur-Seine.


La grande distribution et la banlieue une histoire vouée à l'échec

L'Ilo a été inauguré à Epinay-sur-Seine le 27 novembre 2013. Il est une réalisation principale du maire Hervé Chevreau, qui a consacré des moyens financiers reçus tous azimuts (50 millions d'argent public !) pour aider à cette construction et à l'installation d'un hypermarché Auchan et de presque 40 enseignes dans des boutiques.

Mais ce maire a tort d'affirmer que c'est un "nouveau" centre commercial. Car si la construction est nouvelle, elle a été faite sur l'emplacement d'un ancien centre commercial, "Epicentre" que les Spinassiens ont connu jusqu'au milieu des années 2000.

Epicentre était un gouffre financier et commercial. Ce fut d'abord un Super M, l'enseigne de Monoprix sur le créneau de l’hypermarché. Le groupe Monoprix a ouvert à partir de 1968 des magasins Super M, principalement en banlieue parisienne (Bois d’Arcy, Malakoff). Ces magasins n'ont pas connu le succès et ces hypers ont ensuite fermé.

A Epinay le Super M d'Epicentre a fermé dans les années 90. Il a fallu trouver une nouvelle enseigne. C'est finalement Leclerc qui s'était installé au coeur d'Epinay mais encore une fois ce fut un échec et la fermeture quelques années plus tard. Maintenant donc c'est Auchan qui ouvre. Mais les défauts restent les mêmes : endroit peu accessible par l'automobile, parking cher, et insécurité dans les magasins et autour.

La question se pose donc : 

Après deux échecs était il vraiment intelligent de tenter le même pari une 3e fois ?

En 1973 le groupe humoristique "Les Charlots" a fait une grande satyre de cette manie des villes de banlieue de faire des hypermarchés.Et quand on le revoit on ne peut pas ne pas penser à l'Ilo à Epinay. La ville a des problèmes : chômage ou petits boulots, logements mal construits et sans confort, transports catastrophiques et bondés, et des jeunes souvent désoeuvrés... mais malgré tout l'esprit d'entraide et le côté bon enfant qu'on trouve encore dans les quartiers !

Et donc, dans ce film, un supermarché "Euromarché" sort de terre pour satisfaire la populatione t surtout les appétits voraces de la grande distribution qui se développe alors (Epicentre date de cette époque). D'ailleurs le film a été tourné en banlieue parisienne et c'est le magasin d'Athis-Mons (Essonne) qui a servi de décor pour le film.

On y voit exactement les mêmes stratagèmes qu'à l'Ilo d'Epinay : ouverture en fanfare avec une ambiance festive artificielle et pleine de bruit (voir couverture de "Epinay tranxène" ci-dessous), promos tape à l'oeil, activités pseudo-ludiques qui infantilisent la clientèle...

Les conclusions du film restent valables, malgré l'image plus "hype" que veut se donner l'Ilo :
- la grande distribution en banlieue ne change pas la vie des gens, ne crée pas de valeur ajoutée et d'emploi
- elle tue le petit commerce (comme l'épicerie tenue par Michel Galabru dans le film et qui est un vrai lieu de rencontre et d'entraide)
- elle prend les clients et habitants de banlieue populaire pour des purs consommateurs
- elle n'a qu'un but : faire dépenser l'argent des gens, TOUT leur argent... même s'ils n'en ont pas beaucoup !


L'hypermarché et l'hypermarchandise (Jean Baudrillard)

Jean Baudrillard était un pionnier de la pensée de l'écologie sociale et il fut l'un des premiers à décrire la perversité de la grande distribution et de l'hypermarché. Voilà un extrait de L'effet Beaubourg en 1978.

A trente kilomètres à la ronde, les flèches vous aiguillent vers ces grands centres de triage que sont les hypermarchés, vers cet hyperespace de la marchandise où s'élabore à bien des égards une socialité nouvelle. Il faut voir comment il centralise et redistribue toute une région et une population, comment il concentre et rationalise des horaires, des parcours, des pratiques - créant un immense mouvement de va-et-vient tout à fait fait semblable à celui des commuters de banlieue, absorbés et rejetés à heures fixes par leur lieu de travail.
Profondément, c'est une autre sorte de travail qu'il s'agit ici, d'un travail d'acculturation, de confrontation, d'examen, de code et de verdict social : les gens viennent trouver là et sélectionner des objets-réponses à toutes les questions qu'ils peuvent se poser ; ou plutôt ils viennent eux-mêmes en réponse à la question fonctionnelle et dirigée que constituent les objets. Les objets ne sont plus des marchandises ; ils ne sont même plus exactement des signes dont on déchiffrerait et dont on s'approprierait le sens et le message, ce sont des tests, ce sont eux qui nous interrogent, et nous sommes sommés de leur répondre, et la réponse est incluse dans la question. Ainsi fonctionnent semblablement tous les messages des médias : ni information, ni communication, mais référendum, test perpétuel, réponse circulaire, vérification du code.
Il faut que la masse des consommateurs soit homogène à la masse des produits (comme il faut, dans le système universel des test, que la réponse ne soit qu'un écho signalétique de la question). La confrontation et la fusion (la confusion) de ces deux masses qui s'opèrent dans l'hypermarché font de celui-ci quelque chose de très différent non seulement des marchés traditionnels, mais encore des supermarchés, qui ne sont que des épiceries à grande échelle. Ici apparaît la masse critique au-delà de laquelle la marchandise devient hypermarchandise, qui n'est plus liée à des besoins distincts et à leur satisfaction, à des signes encore distincts de statut et de prestige, mais qui constitue une sorte d'univers signalétique total, ou de circuit intégré, qu'une impulsion parcourt et maintient de part en part, transit incessant des choix, des sélections, des marques, de la publicité. Ici, tous les produits n'ont d'autre objectif que de vous maintenir en état de masse intégrée, de flux transistorisé, de molécule aimantée. C'est cela qu'on vient apprendre ici ; c'est l'hyperréalité de la marchandise.
Pas de relief, de perspective, de ligne de fuite où le regard risquerait de se perdre, mais un écran total où les panneaux publicitaires et les produits eux-mêmes dans leur exposition ininterrompue jouent comme des signes équivalents et successifs. Il y a des employés uniquement occupés à refaire le devant de la scène, l'étalage en surface, là où le prélèvement des consommateurs a pu créer quelque trou. Le self-service ajoute encore à cette absence de profondeur : un même espace homogène, sans médiation, réunit les hommes et les choses, celui de la manipulation directe. Mais qui manipule l'autre ? 
Même la répression s'intègre comme signe dans cet univers de simulation. La répression devenue dissuasion n'est qu'un signe de plus dans l'univers de persuasion. Les circuits de télévision antivol font eux-mêmes partie du décor de simulacres. Une surveillance parfaite sur tous les points exigerait un dispositif de contrôle plus lourd et plus sophistiqué que le magasin lui-même. Ce ne serait pas rentable. C'est donc une allusion à la répression, un « faire-signe » de cet ordre, qui est mis là en place ; ce signe alors peut coexister avec tous les autres, et même avec l'impératif inverse, par exemple celui qu'expriment d'immenses panneaux vous invitant à vous détendre et à choisir en toute sérénité. Ces panneaux, en fait, vous guettent et vous surveillent aussi bien, ou aussi peu, que la télévision « policière ». Celle-ci vous regarde, vous vous y regardez, mêlé aux autres, c'est le miroir sans tain de l'activité consommatrice, jeu de dédoublement et de redoublement qui referme ce monde sur lui-même. 
L'hypermarché est inséparable des autoroutes qui l'étoilent et l'alimentent, des parkings avec leurs nappes d'automobiles, du terminal de l'ordinateur – plus loin encore, en cercles concentriques -, de la ville entière comme écran fonctionnel total des activités. L'hypermarché ressemble à une grande usine de montage, à cecié près que, au lieu d'être liés à la chaîne de travail par une contrainte rationnelle continue, les agents (ou les patients), mobiles et décentrés, donnent l'impression de passer d'un point à l'autre de la chaîne selon des circuits aléatoires. Les horaires, la sélection, l'achat sont aléatoires, eux aussi, à la différence des pratiques de travail. Mais il s'agit bien quand même d'une chaîne, d'une discipline programmatqiue, dont les interdits se sont effacés derrière un glacis de tolérance, de facilité et d'hyperréalité. L'hypermarché est déjà, au-delà de l'usine et des institutions traditionnelles du capital, le modèle de toute forme future de socialisation contrôlée : retotalisation en un espace-temps homogène de toutes les fonctions dispersées du corps et de la vie sociale (travail, loisir, nourriture, hygiène, transports, médias, culture) ; retranscription de tous les flux contradictoires en termes de circuits intégrés ; espace-temps de toute une simulation opérationnelle de la vie sociale, de toute une structure d'habitat et de trafic. 
Modèle d'anticipation dirigée, l'hypermarché (aux USA surtout) préexiste à l'agglomération : c'est lui qui donne lieu à l'agglomération, alors que le marché traditionnel était au coeur d'une cité, lieu où la ville et la campagne venaient frayer ensemble. L'hypermarché est l'expression de tout un mode de vie où ont disparu non seulement la campagne mais la ville aussi pour laisser place à l'« agglomération » - zoning urbain fonctionnel entièrement signalisé, dont il est l'équivalent, le micromodèle sur le plan de la consommation. Mais son rôle dépasse de loin la consommation », et les objets n'y ont plus de réalité spécifique : ce qui prime, c'est leur agencement sériel, circulaire, spectaculaire, futur modèle des rapports sociaux. 
La « forme » hypermarché peut ainsi aider à comprendre ce qu'il en est de la fin de la modernité. Les grandes villes ont vu naître, en un siècle environ (1850-1950), une génération de grands magasins « modernes » (beaucoup portaient ce nom sous une façon ou une autre), mais cette modernisation fondamentale, liée à celle des transports, n'a pas bouleversé la structure urbaine. Les villes sont restées des villes, tandis que les villes nouvelles sont satellisées par l'hypermarché ou le shopping center, desservis par un réseau programmé de transit, et cessent d'être des villes pour devenir des agglomérations. Une nouvelle morphogénèse est apparue, qui relève du type cybernétique (c'est-à-dire reproduisant au niveau du territoire, de l'habitat, du transit les scénarios de commandement moléculaire qui sont ceux du code génétique), et dont la forme est nucléaire et satellitique. L'hypermarché comme noyau. La ville, même moderne, ne l'absorbe plus. C'est lui qui établit une orbite sur laquelle se meut l'agglomération. Il sert d'implant aux nouveaux agrégats, comme font parfois aussi l'université ou encore l'usine – non plus l'usine du 19e siècle ni l'usine décentralisée qui, sans briser l'orbite de la ville, s'installe en banlieue, mais l'usine de montage, automatisée, à commandement électronique, c'est-à-dire correspondant à une fonction et à un procès du travail totalement déterritorialisés. Avec cette nouvelle usine, comme avec l'hypermarché ou l'université nouvelle, on n'a plus affaire à des fonctions (commerce, travail, savoir, loisir) qui s'autonomisent et se déplacent (ce qui caractérise encore le déploiement "moderne" de la ville) mais à un modèle de désintégration des fonctions, d'indétermination des fonctions et de désintégration de la ville elle-même, qui est transplanté hors ville et traité comme modèle hyperréel, comme noyau d'une agglomération de synthèse qui n'a plus rien à voir avec la ville. Satellites négatifs de la ville, qui traduisent la fin de la ville, même de la ville moderne, comme espace indéterminé, qualitatif, comme synthèse originale d'une société. 

Un modèle des années 70

On voit particulièrement à L'Ilo la réalisation de cette "philosophie" de l'hypermarché que décrivait Baudrillard : ceux qui l'ont construit et conçu ont même poussé à bout la logique de l'hypermarché puisqu'ils ont encore réinstallé cet hyper en plein coeur de la ville. Ils ont prétendu que ce centre commercial allait tenir le rôle du centre ville d'Epinay.

Ainsi on voit effecitvement que le centre commercial n'a que 3 accès mais que beaucoup de personnes les prennent juste pour traverser et aller de De Lattre à rue de Paris, pour "couper". Le centre commercial remplace l'épicerie, remplace même la ville elle même et selon ses créateurs la ville et le centre commercial se mélangent totalement. On voit même que les boutiques sur la rue de Paris restent vide, car les passages piétons sont maintenant rares dans cette rue mal éclairée et pas très sûre, par rapport à l'allée principale de l'Ilo.

A coté de ça les habitants sentent bien qu'Epinay n'est pas une ville "normale". Il n'y a pas vraiment de lieu où se promener, ou faire des rencontres, peu de cafés, de petits commerces, de parcs vraiment agréables et qui ne soient pas entourés d'immeubles.

C'est parce qu'Epinay n'est pas une ville : c'est juste une extension qui permet à la clientèle de l'hypermarché de vivre tout autour et d'y venir tous les jours et même plusieurs fois par jour. Citons Baudrillard : "L'hypermarché comme noyau. La ville, même moderne, ne l'absorbe plus. C'est lui qui établit une orbite sur laquelle se meut l'agglomération."

Le hard discount, hérésie écologique et sociale
La walmartisation du monde


L'autre aspect de l'Ilo c'est le choix par Auchan du "hard discount". C'est aussi ce que Baudrillard décrit comme parcours fléché du client, avec ses grands panneaux fluos oranges, jaunes, et ses étalages énormes de produits identiques sur parfois presque un mètre de largeur.

L'objectif est clair : avec des clients de plus en plus modestes, les enseignes hard discount comme Wal Mart aux USA ont l'objectif de faire quand même dépenser beaucoup d'argent, et même beaucoup plus que les clients ont besoin de dépenser ! La "walmartisation" transforme les habitudes des consommateurs pour finir par les rendre dépendants de l'hypermarché hard discount.

On trouve ainsi à l'Ilo des produits de très basse qualité mais à des prix qu'on ne peut trouver nulle part ailleurs. Le client finit par s'habituer à ces prix et à ne plus acheter ailleurs, même s'il achète ses oeufs par 15 et ses poulets par 3 alors qu'il n'a besoin que de 6 oeufs et d'1 poulet, parce que 15 oeufs chez Auchan l'Ilo coûtent moins cher que 6 et 3 poulets que 1.

C'est donc aussi une hérésie sociale et écologique car :
- le client est obligé de venir en voiture, doit consacrer un budget plus important à ses déplacements et dépense presque tout son argent disponible dans ses "courses"
- on incite le client à privilégier la quantité à la qualité, avec des produits mauvais mais on laisse penser qu'il vaut mieux "plus" que "meilleur"
- on favorise les problèmes d'obésité qui ont explosé aux USA en grande partie à cause de la walmartisation
- et in fine  le tout n'a pas d'autre objectif que d'augmenter les profits d'Auchan et de la grande distribution, rappelons le !

La monstruosité urbanistique et architecturale de l'Ilo

Enfin, mais ça rejoint la réflexion de Baudrillard, l'architecture de l'Ilo montre bien les préjugés de sa conception et la façon dont les architectes considèrent la population d'Epinay. Les architectes prétendent que l'Ilo s'inspirent du parc Güell de Barcelone, mais rien ne ressemble moins à un parc que le centre commercial l'Ilo. En fait, si l'on regarde d'autres centres commerciaux récents (Aéroville, Beaugrenelle) on voit que l'Ilo fait tout le contraire : les nouveaux centres commerciaux essaient souvent d'avoir une ambiance calme, un peu luxueuse, et donner aux gens une impression de confort.

Là c'est l'inverse : l'ambiance est bruyante, des couleurs fluos partout, du mouvement dans tous les sens, la cohue, les passages de jeunes et de familles dans la galerie. Même les escalators ont été faits pour qu'on soit obligé de monter à l'étage et qu'il soit compliqué de descendre et de sortir. Avec seulement 3 portes de sortie, en plus, et aucune boutique qui ouvre à la fois sur la galerie et sur la rue, on a à l'Ilo l'impression d'être vraiment enfermé, "séparé" de la ville, comme si toute la ville y entre mais qu'il est difficile d'en sortir. Le résultat c'est une ambiance anxiogène, aggravée par un bruit permanent de foule qui résonne encore pire que dans les plus mauvaises gares.

Conclusion

L'Ilo est donc :

- la réalisation en 2013 d'un projet des années 70

- un hypermarché voué à l'échec comme ses prédécesseurs

- une catastrophe sociale et écologique par le modèle hard discount hérité de Walmart

- un monstre urbanistique conçu comme le noyau de la ville et qui en même temps se présente comme un blockhaus qui enferme le client et crée l'angoisse.